Incompréhension des médias US après la libération de Polanski
13 juillet 2010
New York (ats) Les médias américains n’ont aucune compréhension pour le refus de la Suisse de livrer Roman Polanski à la justice californienne. La décision du Département fédéral de justice et police est critiquée comme un « un non-sens légal ».
Sur sa page internet, le magazine Time titre : « Choc : la Suisse relâche Polanski ». Cette décision lui permet d’être quasi certain d’échapper jusqu’à la fin de ses jours à une peine de prison.
« Pour Polanski, Cela doit être le jour le plus heureux depuis 1978, lorsqu’il a réussi à quitter le pays avant qu’un juge le condamne pour relation sexuelle avec une mineure de 13 ans », écrit le Los Angeles Times. Une fois de plus, le cinéaste est sauvé par « un non-sens légal ».
L’éditorialiste du Washington Post est également mécontent. Il invite les Américains à boycotter les films du cinéaste. « Les Suisses ont décidé que Polanski ne sera jamais puni bien qu’il ait reconnu sa culpabilité », écrit le journal.
La chaîne de télévision CNN a pour sa part placé le cinéaste au premier rang de la « Liste sur laquelle personne ne voudrait figurer », le qualifiant de « pédophile en fuite ».
Le New York Times estime lui que l’affaire met en évidence le fossé culturel entre l’Europe et les Etats-Unis. La question est de savoir si Polanski a déjà suffisamment payé pour son crime ou si sa célébrité et son talent masquent la gravité de son forfait.
Pour sa part, le Los Angeles Times a publié des extraits d’un courriel de la victime de Polanski. Samantha Geimer, âgée aujourd’hui de 45 ans, dit y espérer que l’on abandonne maintenant les poursuites judiciaires. « Il est temps que cette affaire soit définitivement classée » affirme-t-elle une nouvelle fois.