Revue de presse26 juillet 2010
Zurich (ats) Le licenciement du président de la commission du personnel du Tages-Anzeiger était abusif. Le tribunal zurichois des prud’hommes a accepté la plainte déposée par Daniel Suter contre son ex-employeur Tamedia.
M. Suter a été licencié il y a une année avec de nombreux autres employés pour des raisons économiques. Or, le tribunal a estimé qu’un tel justificatif n’était pas valable pour le président d’une commission du personnel.
Selon le jugement rendu public lundi, la cour a condamné Tamedia à payer au journaliste un dédommagement à hauteur de trois salaires mensuels et 4304 francs pour le procès. Le journaliste âgé de 60 ans avait été licencié en mai 2009 alors que la commission du personnel et Tamedia étaient en train de négocier un plan social.
Le syndicat Comedia s’est réjoui que le tribunal ait relativisé la jurisprudence du Tribunal fédéral et en soit revenu à l’énoncé de la loi qui place les représentants du personnel sous une protection particulière.
Dans un communiqué, Tamedia s’est dit surprise par le verdict. Elle va l’étudier et se réserve le droit de le combattre par le biais d’un recours.
26 juillet 2010
Zurich (ats) Ueli Haldimann quitte la télévision alémanique SF à la fin de l’année, après la fin de son mandat de directeur ad interim. Ancien rédacteur en chef de la chaîne, il a décidé de donner une nouvelle orientation à sa carrière.
Âgé de 56 ans, Ueli Haldimann exerce la fonction de directeur de SF depuis le départ d’Ingrid Deltenre, nommée il y a un an à la tête de l’Union européenne de radiodiffusion (UER). Il avait auparavant dirigé la rédaction de la chaîne depuis 2002, rappelle vendredi la radio alémanique DRS dans un communiqué.
L’intéressé ne réintégrera pas son poste de rédacteur en chef au 1er janvier prochain, à l’issue de son mandat de directeur par interim. Le directeur de la nouvelle SRF (radio-télévision alémanique) Rudolf Matter souhaite nommer une nouvelle personne à ce poste, comme l’explique Ueli Haldimann dans un message interne parvenu en mains de l’ATS.
16 juillet 2010
Zurich (ats) Les dépenses publicitaires dans la presse suisse ont poursuivi leur hausse en juin. Le volume des annonces s’est inscrit à 143,7 millions de francs, 15,3% de plus qu’un an auparavant. Après six mois, il affiche une expansion de 4 millions de francs à 807,7 millions.
La presse dominicale ainsi que les publications économiques et financières ont présenté la plus forte croissance, les dépenses publicitaires ayant respectivement bondi en juin de 36,1% à 12 millions de francs et 35,8% à 5,5 millions, selon les données publiées vendredi par l’institut REMP Recherche et études des médias publicitaires. La presse grand public a enregistré une hausse de 28,3% à 16,1 millions.
Les annonceurs n’ont pas pour autant délaissé la presse quotidienne, les dépenses publicitaires dans ce média ayant crû de 12,9% à 82,4 millions de francs. Les publications spécialisées ont quant à elles affiché une hausse de 8,8% à 19,6 millions, et les hebdomadaires régionaux de 1% à 3,7 millions.
A l’image du mois précédent, la publicité sous forme de dépliant est celle qui a le plus progressé le mois dernier. Le chiffre d’affaires y a bondi de 26% à 7,8 millions de francs. Les annonces commerciales et autres ont augmenté de 16,1% à 114,5 millions.
Le chiffre d’affaires des annonces d’offres d’emploi s’est lui aussi solidement étoffé, de 14,3% pour atteindre 15,8 millions de francs. Le volume engrangé dans les annonces immobilières a en revanche fondu de 7,1% à 5,6 millions.
13 juillet 2010
Revue de presse
Berne (ats) La presse romande accueille avec soulagement la décision de libérer Roman Polanski et salue la démonstration d’indépendance d’Eveline Widmer- Schlumpf. En Suisse alémanique en revanche, plusieurs journaux s’inquiètent du traitement de faveur réservé au cinéaste.
« Faut-il se réjouir de la libération de Roman Polanski ? Oui », écrit le Matin. « Chez nous, l’affaire est classée et on relève la tête grâce à l’indépendance d’Eveline Widmer-Schlumpf ». Et d’ajouter : « Polanski libre, nous voila soudain libérés ».
Brèche
Le Quotidien Jurassien relève que Mme Widmer-Schlumpf « a su s’engouffrer dans la brèche et sortir Polanski et la Suisse avec lui d’un bien mauvais pas ». Cette affaire montre que « la Suisse sait préserver son indépendance dans l’application du droit ». Cette décision juridique est donc aussi « politiquement heureuse ».
Selon 24 heures, « la Suisse a accouché d’une décision d’une limpidité et d’une logique remarquable ». « La double manifestation d’indépendance - l’arrestation d’abord, la non-extradition ensuite - confèrent à cette longue procédure une légitimité bienvenue ». « La morale est sauve, et avec elle l’honneur de la Suisse ».
Courageuse
Pour Le Temps, la décision de Mme Widmer-Schlumpf est « courageuse et équitable ». La Suisse reconnait « simplement qu’elle s’est fourvoyée en l’arrêtant dans de telles circonstances », soit sur l’initiative d’un fonctionnaire qui a alerté les Etats-Unis.
Sous le titre « Un vice de forme bien arrangeant », l’Express et l’Impartial relèvent que cette décision « arrange visiblement pas mal de monde ». Et, après l’accord UBS avec les Etats-Unis, « ce sursaut d’indépendance met un peu de baume sur une fierté helvétique passablement égratignée ».
« Absence providentielle d’un document », écrivent également Le Nouvelliste et La Liberté, pour qui « le droit est décidément une notion très élastique » : la ministre de la justice a brandi des arguments juridiques en apparence imparables lors de l’arrestation du cinéaste et elle fait de même pour justifier qu’il ne sera pas extradé. Au final, « il n’incombait pas à la Suisse de le juger ».
Insatisfaisante
La Tribune de Genève estime que cette décision « n’en demeure pas moins insatisfaisante ». D’un côté, le journal se demande s’il s’agissait d’une « détention inutile ? », Roman Polanski ayant finalement été libéré. Pourtant, ajoute-t-il, "il reste toujours une victime. Elle avait 13 ans au moment des faits".
Pour Le Courrier, « l’affaire laisse un goût étrange » : « si 42 jours sont suffisants pour tourner un film, c’est très loin d’être une durée d’emprisonnement adaptée pour un viol ».
En Suisse alémanique, la Neue Luzerner Zeitung résume le ton dominant en titrant « Tous ne sont pas égaux ». « Si le personnage principal de ce drame n’était pas Roman Polanski, mais un acteur inconnu, il serait maintenant devant ses juges américains ».
Plus égaux
La Neue Zurcher Zeitung constate qu’ « en définitive, on reconnait ici que lorsque des intérêts supérieurs sont en jeu, tous ne sont pas toujours égaux devant la loi. Certains le sont plus que d’autres », écrit le journal sur son site internet.
Le Landbote se demande ce qu’il en serait « si Polanski était un prêtre catholique coupable d’avoir commis un abus sexuel il y a 33 ans ». Quant au Tages Anzeiger, il parle de « fondements douteux » pour ce jugement.
Doute
Le Bund est lui du même avis que l’essentiel de la presse romande, parlant d’une « bonne » décision. Mme Widmer-Schlumpf a pris une décision juridique et non politique qui pourrait avoir des conséquences réjouissantes. « Toutes les parties impliquées, les autorités suisses autant que les Etats-Unis, sauvent la face ».
Pour la Südostschweiz, il s’agit d’une décision logique. « Le doute doit profiter à l’accusé ». Même son de cloche dans le Blick. Les Etats-Unis ont manqué de fournir des documents importants, relève le journal : « ils vont sans doute pester, mais la Suisse ne leur doit rien ».
13 juillet 2010
New York (ats) Les médias américains n’ont aucune compréhension pour le refus de la Suisse de livrer Roman Polanski à la justice californienne. La décision du Département fédéral de justice et police est critiquée comme un « un non-sens légal ».
Sur sa page internet, le magazine Time titre : « Choc : la Suisse relâche Polanski ». Cette décision lui permet d’être quasi certain d’échapper jusqu’à la fin de ses jours à une peine de prison.
« Pour Polanski, Cela doit être le jour le plus heureux depuis 1978, lorsqu’il a réussi à quitter le pays avant qu’un juge le condamne pour relation sexuelle avec une mineure de 13 ans », écrit le Los Angeles Times. Une fois de plus, le cinéaste est sauvé par « un non-sens légal ».
L’éditorialiste du Washington Post est également mécontent. Il invite les Américains à boycotter les films du cinéaste. « Les Suisses ont décidé que Polanski ne sera jamais puni bien qu’il ait reconnu sa culpabilité », écrit le journal.
La chaîne de télévision CNN a pour sa part placé le cinéaste au premier rang de la « Liste sur laquelle personne ne voudrait figurer », le qualifiant de « pédophile en fuite ».
Le New York Times estime lui que l’affaire met en évidence le fossé culturel entre l’Europe et les Etats-Unis. La question est de savoir si Polanski a déjà suffisamment payé pour son crime ou si sa célébrité et son talent masquent la gravité de son forfait.
Pour sa part, le Los Angeles Times a publié des extraits d’un courriel de la victime de Polanski. Samantha Geimer, âgée aujourd’hui de 45 ans, dit y espérer que l’on abandonne maintenant les poursuites judiciaires. « Il est temps que cette affaire soit définitivement classée » affirme-t-elle une nouvelle fois.